En 2010, j’ai lancé un site sur Android dans mon coin, sans budget, sans équipe, sans carnet d’adresses dans la presse. Douze ans plus tard, Phonandroid dépassait les 10 millions de visiteurs par mois et était racheté par le Groupe Figaro.
Entre les deux, il y a eu des milliers de décisions. Avec le recul, cinq ont vraiment tout changé. Je vous les donne avec, à chaque fois, ce que ça veut dire pour votre entreprise, parce qu’elles valent aussi hors des médias, pour un cabinet comptable comme pour un e-commerce.

1. Choisir un terrain précis et le labourer à fond
En 2010, les géants de la tech française parlaient de tout : ordinateurs, photo, jeux vidéo, téléphones. Moi, j’ai choisi Android. Uniquement Android. Tout le monde m’a dit que c’était trop étroit.
C’était l’inverse. Quand on traite un sujet à fond (chaque question, chaque problème, chaque nouveauté), Google finit par vous considérer comme LA référence du sujet. Les référenceurs appellent ça l’autorité thématique. Moi j’appelle ça du bon sens : le spécialiste inspire plus confiance que le généraliste, aux humains comme aux algorithmes. Et c’est encore plus vrai avec les IA, qui raisonnent par entités et associent une marque à un domaine d’expertise.
Pour votre entreprise : arrêtez de vouloir ranker sur tout. Choisissez le territoire où vous pouvez être objectivement le meilleur, même s’il paraît étroit, et couvrez-le mieux que personne. Une PME qui domine sa niche bat toujours un généraliste qui s’éparpille.
2. Répondre aux questions que les gens posent vraiment
Mes concurrents couraient après les grosses actualités, celles que tout le monde couvrait le même jour avec les mêmes angles. Pendant ce temps, je répondais aux milliers de questions concrètes que les utilisateurs tapaient dans Google : comment configurer ceci, pourquoi ce téléphone fait cela. Ces questions n’avaient rien de prestigieux, mais de vraies personnes les posaient tous les jours, année après année.
C’est ce qu’on appelle la longue traîne : prises une par une, ces requêtes pèsent peu. Additionnées, elles ont fait la plus grosse part de mon trafic, un trafic stable, prévisible, qu’aucun concurrent ne pouvait me prendre d’un coup.
Pour votre entreprise : listez les cinquante questions que vos clients vous posent au téléphone, en rendez-vous, par mail. Chacune mérite une page qui y répond mieux que tout ce qui existe. C’est moins spectaculaire qu’un « coup de comm », mais beaucoup plus rentable, et c’est exactement ce que les IA génératives citent.
3. Traiter la technique comme un avantage concurrentiel
Un site rapide, propre, bien structuré, que Google comprend sans effort : la plupart de mes concurrents trouvaient ça accessoire, un truc d’ingénieur, pas de patron. Je mettais les mains dans le code moi-même pour gagner des dixièmes de seconde au chargement.
Des années plus tard, Google a officialisé ce que je constatais déjà dans mes courbes : la performance technique paie. Elle s’appelle aujourd’hui Core Web Vitals. Elle conditionne l’exposition dans Google Discover et Google Actualités (deux canaux qui ont apporté des millions de visites à mes médias) et elle détermine ce que les robots des IA peuvent lire de votre site.
Pour votre entreprise : voyez la technique comme un investissement qui rapporte. Un site deux fois plus rapide que celui du concurrent, des données structurées propres, zéro erreur d’exploration : ces détails invisibles font des écarts visibles. Et ils se vérifient : demandez un audit technique avant de signer quoi que ce soit avec qui que ce soit.
4. Construire une marque qu’on cherche par son nom
Le jour où des dizaines de milliers de personnes ont tapé « Phonandroid » dans Google, le nom du site et non « actu Android », j’ai compris qu’on avait gagné quelque chose qu’aucun algorithme ne pourrait nous retirer. Un nom qu’on cherche, c’est un trafic qui vous appartient. C’est aussi un signal de confiance fort pour Google, et pour les IA, qui recommandent les marques dont le web parle de façon cohérente.
Pour votre entreprise : soignez tout ce qui fait qu’on vous cherche par votre nom : la qualité du travail d’abord, puis une présence régulière là où votre marché regarde. Le SEO amène le premier contact, la marque fait revenir, et les deux se nourrissent.
5. Penser revenus dès le premier jour
Pour moi, le trafic servait de carburant. Chaque audience devait rapporter quelque chose : des revenus, de la notoriété, une communauté. Un site qui fait des millions de pages vues sans modèle économique tourne à vide, et j’en ai vu mourir beaucoup.
C’est la même question que je pose aujourd’hui à chaque dirigeant que je rencontre : « ce trafic, il vous rapporte quoi, concrètement ? » Si la réponse est floue, c’est la stratégie qu’il faut revoir, avant de chercher plus de trafic.
Pour votre entreprise : avant de produire le moindre contenu, associez chaque cible à un potentiel : combien vaut un client sur ce mot-clé ? Quelle intention d’achat derrière cette question ? Le reporting qui compte, c’est celui des devis signés.
Ce que ça change pour vous
Ces cinq décisions, je les ai prises pour mes propres sites, avec mon propre argent en jeu. C’est la méthode que j’applique maintenant aux entreprises que j’accompagne, adaptée à leur métier, à leur marché et à leurs moyens.
Si vous voulez voir ce qu’elle donnerait pour votre activité, parlons-en : 30 minutes offertes, sans engagement, et vous repartez avec un diagnostic honnête, qu’on travaille ensemble ensuite ou non.
Pour la suite de mon parcours (Galaxie Media, Tom’s Hardware, TechRadar France), tout est sur mon profil LinkedIn et ma page à propos.
